En lien avec le spectacle :
Exposition | HAUTES TENSIONS
Sculptures textiles, gravures, dessins, peintures
Accessible durant les représentations : Sam 6 mai : 9h30 > 20h, dim 7 mai : 16h30 > 18h

 

C’est la nuit. Une jeune fille tremblante, Wassilissa, s’engouffre dans une immense forêt tissée de peurs et de menaces.

Dans sa poche, sa poupée fétiche qui attend.

Dès qu’elle l’évoque, la poupée lui murmure son rêve, la guide sur ces terres inconnues, jusqu’au jardin fantasmagorique de cette femme brutale, étrange, puissante, appelée BABA YAGA.

Mais où est le véritable cauchemar ? La maison que Wassilissa quitte ou l’antre mystérieuse et effrayante de cette femme aux 1000 visages, aux 1000 humeurs ?

Commence alors l’histoire d’une rencontre, celle d’une jeune fille avec une femme de pouvoir.

La confrontation entre l’innocence, l’intuition et la puissance.

L’histoire d’une transmission.

Une épopée terrorisée et amusée, grave et rieuse, délirante et surréaliste, qui mènera l’héroïne vers sa propre destinée…

Inspiré du conte traditionnel russe “Wassilissa-la-très-belle”, Baba Yaga vous emmène dans un récit imaginaire porté par la parole de la conteuse, une narration épique et fantastique, avec un univers musical rythmé et évocateur. Une imprégnation esthétique qui ouvre les portes du monde onirique !

“Souvent un rêve est presque un chuchotement.” Steven Spielberg

Création collective de : Anne Borlée, Gilles Kremer, Anaïd Ferté | Regard extérieur : Catherine Pierloz | Conseil pour le mouvement : Fré Werbrouck

Une création soutenue par la Maison de la Culture Famenne-Ardenne.

Il était une fois, il y a très longtemps, très loin d’ici... ...une rencontre avec Anne Borlée.
 
Qui est Baba Yaga ? Baba Yaga existe dans la mythologie slave dans différentes histoires qui sont toujours des "contes merveilleux", un genre spécifique où des éléments surnaturels jalonnent la route du héros. Dans certaines histoires Baba Yaga est "ridiculisée" et "caricaturée", comme c'est très souvent le cas avec les sorcières. Ici, Baba Yaga est puissante, salvatrice et très connectée à la magie. Pour moi elle est l’écho d’une grande déesse, elle dépasse l’entendement humain et représente à la fois le danger et la fascination. C’est un archétype féminin très puissant qui contient énormément de complexité et de multiplicité ! Ce côté multi-facettes est d’ailleurs peut-être propre à la femme… voire à l’humain !
 
Justement, cette exploration du féminin est importante dans ton cheminement artistique. Oui, en arrière-fond de ce spectacle il y a l’envie de dénoncer beaucoup d’injustices et de tabous par rapport à la considération de la femme depuis des siècles. J’ai l’impression qu’une femme puissante, dans le sens "rayonnante", est une femme qui fait encore peur aujourd’hui. La question du féminin sacré est au cœur du spectacle. Le sacré, depuis les religions monothéistes, est principalement confiné dans un monde d’hommes. La seule image féminine qu’on ait acceptée est celle de la vierge, qui pour le coup est complètement uni-facette ! C’est cette injustice-là qui me donne l’énergie d’incarner Baba Yaga et de porter ce projet.
 
Peux-tu nous en dire plus sur l’histoire que tu as choisi d’adapter ? L’histoire que j’ai eu envie de travailler est celle de "Wassilissa-la-très-belle", un conte très ancien qui existe sous différentes versions. Wassilissa est une jeune fille qui connaît une petite enfance très heureuse jusqu’à la perte de sa mère. Cette histoire, c’est celle d’une jeune fille qui perd son feu intérieur. Ce spectacle s’adresse aux ados également, Wassilissa a la nécessité de retrouver la "petite voix" qui va la guider dans ses choix. Cela entre en résonance avec ce que vit un jeune, à qui l’on demande de prendre des options qui vont parfois marquer toute sa vie.
 
Comment a démarré ce projet et comment s’est déroulé la résidence à la MCFA ? Cette histoire m’accompagne depuis des années. Je l’ai abordée plus d’une fois en stage ou en atelier. J’ai eu besoin de la laisser macérer comme du vin dans un fut de chêne ! Lorsque la MCFA m’a proposé ce partenariat, c’était super au niveau temporalité, c’est arrivé au bon moment. Nous sommes en création depuis novembre. Catherine Pierloz, une conteuse dont j’apprécie et estime beaucoup le travail m’apporte son aide sur ce projet. La construction du spectacle repose beaucoup sur la fulgurance et l’improvisation, je ne démarre pas avec l’objectif de parler d’un sujet préétabli. Catherine me jette sur la scène et j’improvise, puis on écrit. On fait un peu les choses à l’envers. Je réinterprète très librement le conte, je me permets de créer plein de choses autour.
 
Peux-tu parler des interventions de Gilles Kremer et d’Anaïd Ferté dans le spectacle ? Anaïd Ferté pratique la gravure sur papier et sur tissu, la broderie, la sculpture. Pour Baba Yaga, elle va travailler à une installation visuelle, une sorte de passage qui propulse le public vers un autre univers. Je me suis adressée à elle car je trouve son travail assez sauvage et étrange, il m’a semblé très proche de l’énergie pressentie pour le spectacle. Dans l’histoire, il est question de "poupée fétiche" qui accompagne la jeune héroïne, Anaïd apporte également son expérience et sa pratique autour de la poupée comme objet artistique et symbolique. La musique de Gilles (Muziek de Singe, Kermesz à l’Est) est un énorme soutien pour la narration, elle a été composée expressément pour le spectacle. Il sera sur scène avec des instruments acoustiques mais aussi de la musique assistée par ordinateur et donc des sonorités plus électroniques. Pour ma part je jouerai de la harpe.
 
Qu’est-ce que tu dirais au public pour lui donner envie de découvrir "Baba Yaga" ? Même si je choisis des sujets qui transgressent certaines choses, comme c’était le cas pour "Rugir", mon souhait est d’y intégrer la notion de plaisir à travers le voyage poétique ! Mon désir avant tout est de vivre une démarche artistique intègre et passionnante et de la partager. En espérant que par contagion, cela donne envie aux spectateurs de plonger aussi dans le rêve éveillé qu'est l'art du Conte et y découvre des clés, des possibles, des surprises...


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